Fin d’une époque : Verisign enterre le système unique des domaines de 3e niveau en .name
La fin discrète de l'architecture unique de .name
Dans les années 2000, l'internet testait toutes sortes d'idées folles pour les noms de domaine. ICANN lançait gTLD après gTLD. Les registres innovaient sans compter. .name, apparu en 2001, faisait partie de ces paris audacieux. Vingt-cinq ans plus tard, Verisign tire un trait sur ce qui rendait .name spécial : les enregistrements de domaines de troisième niveau.
Si ça vous semble obscur, c'est normal. C'est une des raisons de cette disparition.
Une structure qui semait la pagaille
Le hic avec .name ? Pas de domaines de deuxième niveau comme ailleurs. Tout passait par un système à trois niveaux. Pour avoir kevin.murphy.name, il fallait d'abord que murphy.name existe. Puis kevin s'ajoutait dessous.
Résultat : des cas absurdes. Deux cousins, David et Andrew Hedges. Chacun a david.hedges.name ou andrew.hedges.name. Mais hedges.name ? Il appartient au registre. Un casse-tête pour les admins DNS.
Global Name Registry (racheté par Verisign) visait les domaines perso et familiaux. Sur le papier, sympa. Dans les faits, galère à gérer. Peu de registrars suivaient. Confusion générale.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
Dans sa demande RSEP validée par ICANN, Verisign l'avoue : ça décline depuis des lustres. Environ 96 000 domaines .name actifs. Mais combien en troisième niveau ? Mystère. La tendance est claire : en baisse.
Le service de forwarding email – avec une adresse firstname@lastname.name – suit le même chemin. Révolutionnaire en 2001, obsolète aujourd'hui.
Que deviennent ces noms précieux ?
Question brûlante : quand Verisign supprime les troisièmes niveaux, les noms de famille libérés partent où ? Drop list ? Enchères ? Le document RSEP reste muet.
Ces surnames valent de l'or pour les passionnés de généalogie ou les marques perso. Pas des chaînes aléatoires. Verisign devrait clarifier ses plans.
L'innovation dans les domaines, un flop récurrent
.name illustre pourquoi le secteur galère à innover. Une idée maligne, une techno solide, mais :
- Peu de registrars impliqués. Sans eux, ça reste marginal.
- Échec pédagogique. Personne n'a pigé le système à trois niveaux.
- Besoins évolués. Gmail et cie ont tué le forwarding domaine-based.
- Coûts prohibitifs. Entretenir l'anomalie coûte cher. L'arrêter, ça économise.
Le dilemme tech classique : miser sur des concepts risqués. S'ils ne marchent pas, on coupe.
Conseils pour les utilisateurs .name
Si vous utilisez encore un troisième niveau .name ou le forwarding email, bougez-vous :
- Préparez un switch vers des domaines classiques ou alternatives.
- Changez votre forwarding pour un service stable (registrar ou provider email).
- Suivez les news de Verisign sur la transition.
- Réévaluez vos besoins. Domaine perso ? Nom familial ? Email seul ? Mieux ailleurs aujourd'hui.
La vraie morale
La mort de .name n'est pas qu'une anecdote TLD. Elle montre que dans les domaines et l'hébergement, la simplicité prime sur les astuces. Verisign choisit le pragmatisme : vire le chiant et low-use, focus sur le rentable.
Pas un échec. L'innovation qui fait son job : sélection naturelle des idées. On en tire des leçons, et on avance.